Interview coach professionnel

Véronique      

Interview de Véronique Corniola
Coach professionnel


1/ Véronique Corniola, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Certainement. J'ai commencé par des études de langues et un BTS de commerce. Ce qui m'a naturellement conduite à diriger différentes équipes de vente dans plusieurs entreprises d'importances variables. L'encadrement de ces collaborateurs -à qui l'on demandait «toujours plus de résultats»- m'a permis de comprendre où se cachait le véritable moteur de la performance commerciale en entreprise.

2/ Et qu'avez-vous découvert ? Où se situait cette dynamique d'entreprise ?
Tout simplement dans l'humain. J'ai très vite réalisé l'importance de la mise en valeur du capital humain de ces hommes et femmes qui constituent les équipes de vente. La progression du chiffre d'affaires tant recherchée dépend en fait de l'attitude du responsable vis à vis de son équipe. Elle doit obéir à 3 règles :
- Connaître son collaborateur en tant qu'individu ;
- Respecter sa personnalité ;
- Lui accorder sa confiance.
La réussite de l'entreprise doit énormément à ce programme de base.

3/ Ainsi, vous êtes allée du collectif à l'individuel pour établir votre théorie ?
Pas une théorie, mais une pratique ! Je tiens particulièrement à cette distinction que j'expliciterai avec le détail de mes stages. Mais pour répondre à votre question, il est exact que j'ai réalisé dès cette époque, combien un objectif collectif dépendait étroitement des talents individuels des différents acteurs.
Plus tard, lorsque j'ai créé à Paris, en 1995, la 1ère Ecole Française de Séduction, j'ai vu venir vers moi des individus avec un objectif personnel. Ils voulaient améliorer leur relation intime avec l'autre. Parmi ces clients, de nombreux responsables de l'accueil, des commerçants et même des politiciens, m'ont alors demandé des conseils pour améliorer leur communication dans leur univers professionnel. C'est ainsi que l'Ecole Française de Séduction m'a conduite à faire du work style coaching.

4/ Du collectif à l'individuel; puis retour au collectif. La boucle est bouclée ?
On peut le dire. Et c'est bien la preuve que l'humain est le tenant et l'aboutissant de toutes les relations. Qu'elles soient amoureuses ou commerciales.

5/ Que vous a apporté votre expérience de Directrice de l'E.F.S dans le cadre du service aux entreprises?
Au sein de l'Entreprise comme dans sa vie intime, l'homme -ou la femme- doit faire face au stress qui n'arrête pas de le déshumaniser et à un esclavage de croyances qui dirige son esprit. Conditionnement et domestication régissent alors sa vie…
Face à l'autre et face aux autres, l'individu se doit de se connaître, de récupérer son moi s'il veut être plus épanoui dans sa vie et plus performant dans son entreprise. Il est certain qu'il ne pourra pas être « au top » dans son travail s'il n'est pas « dans ses baskets » dans sa vie!
Aujourd'hui, par exemple on ne compte plus les cas de harcèlement dans le monde du travail. Et ce n'est pas seulement la santé de l'individu qui en pâtit. L'entreprise, dans ce contexte n'est pas en bonne forme, non plus...

6/ Quel est précisément votre rôle ?
Mon travail consiste à déceler les problèmes qui empêchent l'individu de donner le meilleur de lui-même. Remis sur les rails, celui-ci apportera son capital positif à l'entreprise. Toutes les conditions seront alors réunies pour faire progresser le C.A !

7/ D'autres paramètres entrent pourtant dans la réussite d'une entreprise ...
Effectivement, on dépense souvent beaucoup d'argent sur les outils informatiques ou les produits à commercialiser. La formation du collaborateur est tout entière tournée vers ces deux pôles. Et, en général, on oublie l'essentiel : la personnalité du salarié. Or, je reste persuadée que l'on doit d'abord travailler l'humain . On doit commencer par rendre le collaborateur plus séduisant, plus empathique.
Quel que soit le produit, on perd de vue que la vente se fait toujours de l'humain à l'humain.
Il ne suffit pas d'être techniquement compétent. Il est essentiel, primordial et urgent de développer l'intelligence émotionnelle qui est à la base de tous les rapports humains.-Et ceci, aussi bien dans les relations privées que dans les relations professionnelles-
C'est pour cette raison que nous avons développé la méthode D.I.R.E...

8/ Et que pouvez-vous nous dire sur D.I.R.E ?
Comme ses initiales l'indiquent, D.I.R.E est la méthode qui permet le développement de l'intelligence relationnelle et émotionnelle.
En résumé, il s'agit de l'intelligence fondamentale qui régit nos rapports avec autrui et nous-même.
Dans le monde des relations d'entreprise, D.I.R.E fait la synthèse de méthodes qui ont fait leurs preuves :
- La gestion des ressources humaines ;
- Les techniques de communication ;
- Les programmes de motivation.
A ces méthodes reconnues, on ajoute :
- Le développement du pouvoir de séduction de chacun. Et, c'est là toute l'originalité, le + de la méthode.
Grâce à un accompagnement opérationnel individuel et sérieux, un collaborateur réputé « laxiste » aujourd'hui se révèlera efficace, demain.

9/ Pouvez-vous être plus précise ?
Le coaching personnalisé permettra, entre autres, d'identifier les peurs du candidat afin de l'aider à les maîtriser ; de travailler sur ses préjugés ; de développer son empathie ; de maîtriser son orgueil ; d'apprendre à se connaître et se remettre en question pour mieux s'adapter et oeuvrer positivement.

10/ D.I.R.E pour les entreprises : c'est la panacée ?
A partir du moment où l'on réalise que la richesse vive d'une entreprise réside dans la qualité de ses hommes et ses femmes, comprendre que l'intelligence relationnelle et l'intelligence émotionnelle sont intimement liées devrait être la première prise de conscience du chef d'entreprise, toujours soucieux de son développement économique.
Changer l'orgueil en empathie ;l'égocentrisme en respect et la frustration en tolérance, c'est, à terme, établir la confiance, l'estime et l'autonomie de chacun pour aider l'entreprise à développer au mieux son potentiel.
L'accompagnement opérationnel part de la mise en situation et l'observation des comportements.
La prise de conscience qui s'en suit permet une correction du comportement qui ouvre la démarche d'amélioration et qui fera toute la différence entre laxisme et efficacité. C'est bien là, le but recherché, non?

11/ En quelques mots, comment résumeriez-vous votre action au niveau des meneurs d'hommes et femmes dans l'entreprise ?
Un homme peut avoir la capacité de créer son entreprise, de croire en son produit mais il n’est pas toujours pour autant un meneur d’hommes. Pour mieux diriger ses salariés, il peut donc avoir besoin d’aide. C’est pourquoi mon accompagnement est également destiné aux chefs d’entreprises
Mes stages leur permettent de se remettre en question et de leur donner les outils pour arriver à mieux communiquer et devenir de vrais leaders et d’excellents managers.
Pour les pousser à agir (Agir : la règle d’or de la réussite !),mes mots sont avant tout des verbes. Des verbes qui doivent en remplacer d’autres :
- Deshiniber le potentiel de chacun plutôt que l'enfermer ;
- Accompagner plutôt que réprimander ;
- Séréniser plutôt que harceler ;
- Faire faire plutôt que contraindre.
Et surtout, je demanderais à ces décideurs, s'ils veulent capitaliser sur l'avenir... de ne pas perdre de vue que les échanges se font toujours d'humain à humain, loin, très loin du monde des robots !

Propos recueillis par Lydia Lachkar

 
Photographie © astock • Réalisation harmoni+KA